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Utilisation d'O Passo avec l’instrument, et concept du mouvement dérivé

Institut d'O Passo
1 sept.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 sept.

Dans la continuité de l'article précédent sur les quatre mouvements corporels, nous vous proposons ce mois-ci une réflexion sur le mouvement dérivé, et l'emploi d'O Passo avec l'instrument. Bonne lecture !



La découverte d’O Passo par le professeur d’instrument :

entre engouement et retenue


Lorsqu’un professeur de musique découvre la méthode O Passo au travers d’un stage découverte ou d’une formation, la proposition est généralement accueillie favorablement, et l’utilisation qu’il pourra en faire dans ses classes ou pour lui-même semble très enthousiasmante.  Néanmoins, lorsque la question d’utiliser O Passo avec l’instrument est abordée, des problématiques sont rapidement soulevées : « Marcher de cette façon ne sera pas possible car je joue assis, et mes pieds sont déjà mobilisés pour jouer… »  « Le fait de devoir marcher va entraver la pratique optimale de mon instrument : cela va me déséquilibrer, me gêner dans la tenue, la position, la respiration, le souffle…  »  « Le contexte musical dans lequel j’évolue ne permet pas de systématiser la marche de cette façon : je dois rester assis, et relativement discret (je peux bouger un peu, mais pas trop quand même !) »  « Si je commence à m’habituer à travailler avec O Passo, devrais-je toujours l’utiliser ? Est-ce que j’arriverai encore à jouer sans O Passo ensuite, ne vais-je pas devenir dépendant… ? »   « Nous n’avons pas appris la musique comme ça, et pourtant nous sommes devenus musiciens professionnels ! »

  Lorsque tous ces doutes sont émis, comment pouvons-nous y répondre de manière argumentée, et avancer dans la discussion ?



Pourquoi faire le choix du mouvement d’O Passo ?

  •  Tout d’abord, il semble important de pouvoir discuter de la proposition d’O Passo comme source de mouvement originel, pour construire les images de la position des éléments dans l’espace musical : L’expérience universelle de la marche nous appartient en tant que bipèdes, l’équilibre et la régularité qu’elle induit aussi. Lucas Ciavatta propose d’ailleurs dans sa thèse de définir les mouvements issus de la marche comme "mouvements “organisateurs”.

  • Le concept de mouvement dérivé, par définition, ne peut exister que si l’on connait et maitrise la racine de son origine, et que l’on sait d’où il vient. C’est cela qui permettra ensuite de faire la distinction entre le mouvement «culturel» et le mouvement «originel».

  • Envisager la proposition d’O Passo comme une opportunité d’atteindre un niveau de clarté supplémentaire (meilleure conscientisation) de la position des éléments dans l’espace musical.


Pour cela il peut être intéressant de proposer à ces professionnels un travail rythmique exigeant qui leur semblera impossible de prime abord (comme les exercices de montagnes russes présentés dans la méthode O Passo®), puis réalisable avec O Passo, et finalement envisageable même sans O Passo…mais toujours avec un mouvement corporel qui permet de retrouver les images construites préalablement avec celui d'O Passo.

 Le fait de parvenir à surmonter ce défi rythmique grâce à cette approche donne des perspectives intéressantes, et permet d’illustrer comment font tous les musiciens qui sont solides rythmiquement, même sans jamais avoir travaillé avec cette méthode : Ils bougent, et même si c’est très peu, c’est bien grâce à ces petits mouvements (souvent découverts intuitivement), qu’ils peuvent retrouver les références rythmiques dont ils ont besoin dans leur pratique.


 À partir de là on peut introduire le concept de mouvement dérivé, pour :

  1.  Donner des perspectives concrètes d’utilisation avec l’instrument, et voir O Passo comme un chemin.

  2.  En tant qu’enseignant, réfléchir à nos responsabilités pour accompagner l’élève dans la construction de mouvement(s) dérivé(s), après avoir travaillé avec le mouvement d’O Passo.



  Propositions pour accompagner à la construction de mouvements dérivés

À ce stade, il est important de souligner que les mouvements dérivés ne peuvent être enseignés en tant que tels, car leur construction reste personnelle. Il s’agit plutôt ici d’apprendre à l’enseignant et à l’apprenant à définir et reconnaître le mouvement dérivé, pour ne pas le confondre avec un mouvement expressif, ou parasite, et à construire un geste qui devra être :

  • Suffisamment économique pour être réalisable en situation de jeu selon l’instrument ou le mode de jeu pratiqué, et exempt de tensions physiques excessives.

  • Suffisamment clair pour permettre à celui qui l’exécute de retrouver les références construites avec O Passo, et parvenir à se repérer.


 Commencer peut-être par proposer de réduire sensiblement l’amplitude du mouvement d'O Passo, pour évaluer jusqu’où les images liées à la position des éléments sont retrouvées (ou non) par l’élève, lors de la réalisation d’un rythme déterminé.  (Lorsque l’instrument ne permet pas du tout de faire O Passo, proposer éventuellement cette expérience sans instrument)

 Ceci pour éviter l’écueil de retirer O Passo trop vite, et tenter d’estimer au mieux quand il sera approprié d’introduire la recherche d’un mouvement dérivé, notamment en vue de l’utiliser avec l’instrument. (Et par la suite avoir suffisamment de sagesse pour revenir au mouvement d’O Passo à chaque fois que le besoin s’en fera sentir...)

Commencer ensuite à clarifier avec l’élève toutes les informations contenues dans le mouvement d’O Passo :

-Extériorisation de la pulsation / position des éléments / maintien du flux et de la régularité.


Proposer alors d’identifier avec lui quelles sont les informations dont il a le plus besoin selon la situation musicale :

- Extériorisation de la pulsation pour maintenir la régularité, le swing, ou clarifier une position... ? 

- Repère clair de métrique ou de cycle ?


À partir de là, inviter à réfléchir aux possibilités de mouvement(s) dérivé(s), selon ce que la pratique de l’instrument concerné permettra, et une fois que le besoin de mouvement corporel sera clairement établi.  Il semble qu’à partir de là les réponses seront forcément multiples, individuelles, contextuelles…

In fine, le plus important est sans doute d’accompagner l’élève ou l’enseignant vers la compréhension de la nécessité du mouvement.





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